Gérant de TPE qui examine son site qui ne convertit pas sur un ordinateur portable

Site qui ne convertit pas : 9 freins à repérer et corriger

Votre site reçoit des visites, vos statistiques le confirment, et pourtant le téléphone ne sonne pas. Un site qui ne convertit pas est frustrant : vous avez payé pour le créer, parfois pour de la publicité, et rien n’en sort. Le réflexe habituel est de chercher plus de trafic. C’est presque toujours la mauvaise piste.

Dans cet article, je passe en revue les 9 freins qui empêchent un visiteur de devenir client. Pour chacun, je vous donne un moyen de le repérer vous-même en deux minutes, sans outil compliqué.

Un site qui ne convertit pas n’a pas un problème de trafic

Convertir, c’est transformer un visiteur en contact : un appel, un formulaire rempli, une demande de devis. Si cent personnes visitent votre site chaque mois et qu’aucune ne vous contacte, en attirer mille ne changera rien : vous aurez dix fois plus de gens qui repartent. Avant d’investir dans plus de visibilité, il faut comprendre pourquoi ceux qui viennent déjà ne restent pas. Et si votre trafic repose surtout sur la publicité, regardez aussi comment trouver des clients sur internet sans publicité.

Ce travail d’amélioration porte un nom : l’optimisation des conversions, que les agences appellent CRO (« conversion rate optimization », l’optimisation du taux de conversion). Derrière le sigle, l’idée est simple : enlever un par un les obstacles qui empêchent un visiteur convaincu de vous contacter. Un site qui ne convertit pas est rarement mauvais partout : c’est un site avec deux ou trois freins bien placés. Voici les neuf que je rencontre le plus souvent sur les sites de TPE.

Freins 1 à 3 : le visiteur ne comprend pas ce que vous proposez

1. La promesse floue dès le premier écran

« Bienvenue sur notre site », « L’excellence à votre service » : le visiteur arrive et ne sait ni ce que vous faites, ni où, ni quoi faire ensuite. Le test : montrez votre page d’accueil cinq secondes à quelqu’un qui ne vous connaît pas, puis demandez-lui votre métier, votre zone et comment vous joindre. S’il hésite sur l’un des trois, la promesse est à revoir.

2. Le jargon de métier

« Solutions d’étanchéité performantes », « accompagnement global personnalisé ». Vos clients disent « toiture qui fuit » et « vous vous occupez de tout ». Le test : lisez votre page d’accueil à voix haute. Si une phrase ne pourrait pas sortir de votre bouche au téléphone avec un client, réécrivez-la avec les mots qu’il emploie.

3. Des boutons qui se contredisent

« Découvrir », « En savoir plus », « Nos services », « Devis », « Contact » : cinq boutons différents sur un même écran, et le visiteur ne clique sur aucun. Le test : comptez les actions différentes proposées sur votre page d’accueil. Au-delà de deux, choisissez l’action principale, appeler ou demander un devis, et répétez-la partout.

Freins 4 à 6 : rien ne prouve qu’il peut vous faire confiance

4. Aucune preuve concrète

Pas d’avis clients, pas de photos de vos chantiers ou de votre boutique, seulement des images de banque. Le visiteur ne peut pas vérifier que vous existez vraiment. Le test : cherchez sur votre site un élément qu’un concurrent ne pourrait pas copier-coller, une photo de votre équipe, un avis Google, un chantier daté. S’il n’y en a aucun, c’est un frein.

5. Aucun prix, même indicatif

Beaucoup de TPE cachent leurs prix par peur de faire fuir. C’est l’inverse qui se produit : sans repère, le visiteur imagine le pire et va voir ailleurs. Le test : mettez-vous à la place d’un client qui a 500 € de budget. Votre site lui permet-il de savoir s’il est au bon endroit ? Un « à partir de » suffit souvent.

6. Aucune réassurance pratique

Zone d’intervention, délais, engagement ou non, ce qui se passe après le premier contact : autant de questions que le visiteur se pose et que la plupart des sites laissent sans réponse. Le test : listez les trois questions que vos clients posent toujours au téléphone, puis vérifiez si votre site y répond quelque part.

Freins 7 à 9 : passer à l’action demande trop d’efforts

7. Le numéro de téléphone caché

Pour un artisan ou un commerce, l’appel est la conversion numéro un. Si votre numéro est enterré dans la page contact, vous perdez des clients chaque semaine. Le test : ouvrez votre site sur votre téléphone. Le numéro est-il visible sans faire défiler, et cliquable d’un pouce ? Sinon, corrigez ça en priorité.

8. Le formulaire trop long

Nom, prénom, société, adresse, téléphone, e-mail, objet, message, case à cocher : chaque champ supplémentaire fait abandonner des visiteurs. Le test : comptez les champs obligatoires de votre formulaire. Au-delà de quatre, demandez-vous ce que vous feriez vraiment des informations en plus. Nom, téléphone ou e-mail, message : ça suffit pour rappeler quelqu’un.

9. La lenteur sur mobile

La majorité de vos visiteurs arrivent depuis un téléphone, souvent sur un réseau moyen. Un site qui met plusieurs secondes à s’afficher est fermé avant d’être lu. Le test : passez votre adresse dans PageSpeed Insights, l’outil gratuit de Google. Il note votre vitesse sur mobile et liste ce qui ralentit la page.

Concrètement, par où commencer

Inutile de tout corriger le même jour. La bonne nouvelle avec un site qui ne convertit pas, c’est que les premières corrections se voient vite. Voici l’ordre que je recommande, du plus rapide au plus lourd :

  • Rendez votre numéro visible et cliquable sur mobile : souvent réglé en une heure.
  • Réécrivez le premier écran de la page d’accueil : métier, zone, action, en une phrase.
  • Raccourcissez le formulaire à trois ou quatre champs.
  • Ajoutez vos avis Google et de vraies photos.
  • Affichez au moins un « à partir de » sur vos prestations principales.
  • Testez votre vitesse mobile et faites corriger les points les plus lourds.

Si votre site cumule la plupart de ces freins et qu’il date de plusieurs années, le rafistoler pièce par pièce coûte parfois plus cher que de repartir sur une base saine. J’en parle dans mon article sur la refonte de site web pour TPE.

FAQ : site qui ne convertit pas

Combien de visiteurs faut-il avant de juger un site qui ne convertit pas ?

Quelques centaines de visites suffisent pour voir une tendance. Si trois cents personnes ont vu votre site et qu’aucune n’a appelé ni écrit, le problème vient de la page, pas de la malchance. En dessous de ce volume, travaillez d’abord votre visibilité avant de tirer des conclusions.

Faut-il refaire tout le site pour qu’il convertisse ?

Pas forcément. La plupart des freins de cet article se corrigent sur le site existant : numéro visible, formulaire raccourci, prix indicatifs, vraies photos. La refonte complète se justifie quand la base technique est trop vieille ou trop lente pour être corrigée à un coût raisonnable.

Quel est un bon taux de conversion pour un site de TPE ?

Il n’existe pas de chiffre universel : tout dépend du métier, de la source du trafic et de ce que vous comptez comme conversion. Le bon repère, c’est votre propre progression : mesurez vos appels et vos formulaires sur un mois, corrigez un frein, puis comparez le mois suivant.

Vous avez repéré plusieurs de ces freins sur votre site ? Un site qui ne convertit pas se corrige, souvent plus vite qu’on ne le pense. Envoyez-moi son adresse : je vous fais un audit gratuit et je vous indique les trois corrections à faire en premier.

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